Champagne

« Les clefs de notre réussite ? C’est la cave qui décide »

23/05/2018

François Roland-Billecart, directeur de la maison éponyme : 'C’est très bien de communiquer sur les valeurs du Champagne. Le Champagne est devenu industriel, du point de vue du raisonnement, chez certains intervenants de la filière. La cohabitation avec la grande distribution est un problème'.
La maison Billecart-Salmon, implantée à Mareuil sur Ay (Marne) fête ses 200 ans. L’occasion d’en savoir plus sur la stratégie de cette maison, dirigée par François Roland-Billecart, qui passera le flambeau à son neveu Mathieu Roland-Billecart en janvier 2019.

La maison Billecart-Salmon va fêter ses 200 ans. Quelles sont les clefs de sa réussite ?

Nous sommes champenois, et nous sommes des hommes issus du vin, à une époque où les affaires sont souvent menées par des financiers. Chez nous, c’est la cave qui décide ! Dans notre ADN, il y a l’amour de cette région et l’amour de ce vin.

Cette proximité avec le terrain nous permet de cerner la priorité, qui est de produire des vins de qualité. Nous raisonnons à long terme. Nous avons par exemple réintroduit la vinification sous fût depuis dix ans. En 2018, 20 % des vins seront vinifiés sous-bois.

Nous produisons 2,5 millions de bouteilles par an, dont 2 millions sous la marque Billecart-Salmon, avec un prix moyen de vente pour notre marque de 26.5 à 27 € HT départ cave. Les 500 000 autres bouteilles proviennent de première et seconde taille et sont essentiellement vendues sous forme de vins clairs.

Quelle est votre politique d’approvisionnement en raisin ?

Sur les 320 ha de raisins que nous vinifions, 100 ha nous appartiennent, nous en louons 120 ha et nous achetons du raisin pour 100 ha auprès de 150 vignerons. Nous avons une politique d’approvisionnement en grand cru, avec les trois cépages représentés.

Avez-vous suivi la hausse du prix du raisin initiée par MHCS après la vendange 2017 ?

Oui, bien-sûr, nous n’avons pas vraiment le choix. C’est le leader qui fixe le prix !

Notre prix moyen d’achat se situe entre 6 et 6,50 €/kilo de raisin, car nous achetons principalement des grands crus.

Le SGV va lancer une campagne de communication sur le mot Champagne. Allez-vous vous associer à cette démarche ?

Je ne sais pas encore, mais pourquoi pas. C’est très bien de communiquer sur les valeurs du Champagne. Le Champagne est devenu industriel, du point de vue du raisonnement, chez certains intervenants de la filière. La cohabitation avec la grande distribution est un problème. Il ne faudrait pas que le Champagne suive la voie du foie gras ou du saumon qui étaient des produits très qualitatifs mais qui le sont moins à cause de la grande distribution.

J’observe avec plaisir qu’il y a une résurgence de vignerons qui font un travail de belle qualité. Ils sont le ressourcement de la Champagne.

Vous avez gagné votre procès contre Cdiscount qui proposait vos bouteilles à un prix très bas. En savez-vous plus sur leur mode d’approvisionnement ?

Oui, avec la traçabilité, on peut suivre toutes nos bouteilles. Cela a transité par un caviste qui a acheté 90 bouteilles de notre Rosé et 90 bouteilles de Brut. Il n’est pas nécessaire d’avoir de nombreuses bouteilles pour mener une opération promotionnelle.

Je ne suis pas en guerre contre la grande distribution. Je n’ai juste pas envie de travailler avec elle. Ce n’est pas possible de faire de nombreux efforts de travail en amont et de vendre à un produit de luxe à bas prix.

La qualité de la vendange 2017 est contrastée. Allez-vous millésimer ?

Non, la vendange 2017 n’a pas la pointure d’un millésime, même si nous avons entré de beaux raisins, notamment en chardonnay. Il faut espérer que 2018 soit une belle année !

 
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