Gardes rouges

Les vins blancs, rosés et pétillants n’ont pas passé la grande muraille

01/06/2018

« Normalement, quand on parle de Penfolds, on parle de nos grands vins rouges… aujourd’hui, je vais vous présenter nos blancs » pose Kym Schroeter, ce 29 mai lors d’une masterclass inédite à Hong Kong.
Vu comme un El Dorado pour nombre d’opérateurs, le marché chinois est pour le moins difficile d’accès aux vins qui ne sont ni rouges, ni tranquilles. Retour d’expériences dans les allées de Vinexpo Asia Pacific.

D’après les données de l’International Wine ans Spirit Research, plus de 80 % des vins consommés en Chine sont rouges. Il suffit de quelques pas dans les allées du salon Vinexpo Hong Kong pour s’assurer que dans les verres de dégustation comme dans les bouteilles d’exposition, c’est la couleur rouge qui domine. Ce qui n’empêche pas de nombreux opérateurs d’afficher leur volonté de participer à la construction des marchés de blancs, rosés et effervescents. Même s'ils sont embryonnaires, ils pourraient profiter à leurs précurseurs.

« Il y a eu un emballement il y a quelques années, on a tous cru que les champagnes ouvraient aux effervescents les portes du marché chinois… Et puis cela s’est retourné » note Claude Athimon, le directeur commercial export de la cave coopérative de Jaillance, producteur de bulles à Die. Alors que la clairette a un profil doux pouvant répondre aux attentes des consommateurs chinois, le produit n’a toujours pas connu le déclic attendu. Faute de connaissance estime Claude Athimon : « il y a beaucoup d’éducation à faire. Le Japon a mis des années à devenir mature. On est à l’aube d’un développement prometteur, mais pour quand ? »

Accords mets et vins

Encore balbutiant en pratique, l’intérêt des consommateurs chinois pour les vins ni rouges ni tranquilles devrait pourtant être affirmé selon la théorie des accords mets et vins. « Le riesling fonctionne si bien avec la cuisine asiatique. Il fonctionne toujours avec la nourriture épicée et les fruits de mers » milite ainsi Kym Schroeter, le vinificateur des vins blancs de Penfolds. Animant lors de Vinexpo une masterclass particulièrement suivie, il marque la volonté de la marque australienne de se positionner sur un autre segment premium que les vins rouges. Ce qui va encore demander un travail de fond. Pour les vins blancs, « le marché chinois frémit un peu, mais on ne peut pas dire que cela bouillonne » résume Ithier Bouchard, le directeur commercial des domaines du Tariquet, produisant des blancs en Côtes de Gascogne.

« Soyons clairs, aujourd’hui on ne fait pas de business avec le rosé en Chine. Mais il commence à y avoir un intérêt auprès des jeunes urbains » tranche Pierre Perrin, le directeur technique des vignobles Perrin, spécialisés dans les rosés du Rhône et de Provence. Pour lui, tout l’enjeu est de trouver les bons partenaires, et adapter les chaînes logistiques pour respecter des produits sensibles, demandant une rotation des stocks. « Il faut arriver à vendre des rosés en Chine, et faire des rosés qui voyagent » conclut Pierre Perrin.

 
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